Ce que mon CV ne pourra pas raconter
- Jean-Thomas Munger

- 16 avr.
- 2 min de lecture
Lorsque j’annonce mes plans d’été, nombreux sont les perplexes. Serait-il plus pertinent de garnir mon CV d’expériences propres à mon domaine d’études, de faire monter mes comptes de banque, de faire du réseautage, et puis quoi encore ? Peut‑être. Qu’à cela ne tienne. Pour saisir les fondements de cette décision, il faut avoir vécu ce qui la rend si facile.
Mon aventure au camp a commencé en écoutant les histoires mystérieuses de mes parents, celles plus cocasses de mon parrain, puis les (vraiment) plus déjantées de mes deux oncles. Toutes avaient dessiné les premières ébauches d’un lieu où se côtoient des expériences authentiques, des bouillonnements d’espièglerie, des moments de détente, de grands pins odorants, des rires, des cantines qui donnent l’eau à la bouche et bien d’autres petits éclats qui attisaient l’aura de ce lieu. Ainsi, j’ai accepté la proposition de mes parents d’y séjourner pour une première fois, à l’âge de neuf ou dix ans. Ce fut une expérience mémorable, avec ses hauts, ses bas et bien des moments de doute.
L’été d’après, c’était au tour de mon plus jeune frère d’y aller. C’est en allant le reconduire que j’ai enfin compris à quel point je m’y étais bien senti et qu’en fait, mes deux petites semaines de l’été précédent avaient été parmi les quatorze jours les plus fous de ma courte vie. J’avais une petite boule dans la gorge en repartant cet été-là, déçu de manquer ces moments. Ainsi, pour chasser cette boule, j’y suis retourné tous les étés qui ont suivi ! Après trois séjours au terrain, puis deux pistes fondatrices de mon identité actuelle, suivis de deux mois en tant que sauveteur, d’un an comme conseiller et de l’été passé en tant qu’animateur, je n’ai toujours pas réussi à la faire disparaître lorsque mon départ arrive en août… Peut‑être y arriverai‑je cette année, au secteur des pionniers.
Toutefois, tenter de me libérer de ce pincement au cœur est bien loin d’être la raison de mon retour en tant qu’animateur. Occuper ce poste, c’est avoir le privilège de voir son groupe d'adolescents évoluer à travers la magnifique épopée que représente une piste, mais aussi d’observer chaque jeune avancer dans son propre sentier. Mes deux pistes de l’été passé m’ont permis de voir des jeunes grandir dans des sphères aussi diversifiées qu’importantes. La traversée d’une treeline dans les Baldpates fut le théâtre d’une fierté justifiée ; un lever de soleil sur les Bigelows a inspiré des réalisations personnelles marquantes ; une montée tenace de Hall Mountain en a fait persévérer plus d’un, et un élan d’entraide a porté ses fruits sur Avery Peak. À travers tous ces moments, pour le seul coût de placer un pas devant l’autre, chaque jeune a la chance de forger et de comprendre qui il est. Bien qu’elle demande quelques morceaux de talons en échange, la Piste Appalaches offre un lieu de réalisation et d’apprentissage unique et inépuisable.
Ainsi, si, à travers mon emploi d’animateur, ne serait‑ce qu’une seule fois sur tous les miles de la piste, un jeune homme comprend la chance qu’il a d’être la personne qu’il est, j’aurai remporté un prix qui vaut bien plus qu’un CV plus ou moins bien garni.
JT
.png)


















JT le goat 🐐! Pourrait tu s’il te plait revenir comme animateur des seniors pendant le deuxième mois? Ce serait un plaisir pour tous les jeunes! Profite du reste de ton année scolaire!
DJ